Assemblée générale du 1er juin 2017 à Paris, UNESCO

de | 25 juillet 2017

Assemblée générale de l’AFS

1er juin 2017- Maison du Brésil, Paris, 19h.

L’assemblée générale statutaire de l’AFS a été réunie le 1er juin 2017, à la Maison du Brésil de la Cité Internationale de Paris, l’avant-dernier jour du Congrès en hommage au centenaire de Greimas, à 19h. On pouvait compter une bonne centaine d’adhérents présents.

Ce compte rendu comprendra le rapport moral du président Denis Bertrand et du secrétaire Ivan Darrault-Harris, le rapport financier de la trésorière Verónica Estay Stange (assistée de Raphaël Horrein). Suivra la présentation, par Pierluigi Basso Fossali, de la nouvelle équipe soumettant aux suffrages de l’AG son programme et la composition des instances de l’AFS pour la mandature à venir.

  1. Rapport moral du président et du secrétaire

Denis Bertrand ouvre l’assemblée générale de l’association en se félicitant qu’elle ait lieu dans ce lieu si accueillant et si significatif pour la sémiotique qu’est la Maison du Brésil de la Cité universitaire internationale, obtenu grâce à la persévérance de Verónica Estay qu’il remercie.

Après son élection à Liège en juin 2013, l’actuel bureau de l’AFS achève donc ici sa mandature. Parmi les objectifs soutenant la candidature présentée alors, figuraient la constitution d’un bureau plus étoffé, paritaire, associant seniors et juniors, et comprenant des vice-présidents chargés de missions spécifiques (relations internationales, relations institutionnelles, recherche, formation…) ; figurait aussi une modification des échéances de réunions du congrès de l’association, désormais tous les deux ans, le congrès étant une fois sur deux statutaire. Ces deux dispositions avaient pour but de renforcer le dynamisme de l’association et de la mettre en meilleure adéquation avec la réalité vivante de la recherche. Le programme de cette candidature comprenait aussi la création d’une nouvelle identité visuelle et d’un nouveau site pour l’AFS, la création d’une « Fédération romane de sémiotique », la préparation d’un MOOC pour la formation internationale à notre discipline. Il formulait enfin le souhait que Paris soit le siège du congrès de 2017, en raison du centenaire de la naissance d’A. J. Greimas.

Le secrétaire indique que le bureau de l’AFS a été réuni, de 2013 à 2017, très régulièrement, au rythme d’environ six réunions annuelles. Le Conseil d’administration l’a été plus rarement et plus difficilement (deux réunions annuelles), mais cela s’explique par le fait que ses effectifs n’étaient pas très éloignés de ceux du bureau. Celui-ci n’a connu, au cours de son mandat, qu’une modification de sa composition : Shima Shirkodaei a été remplacée par Valeria de Luca à son poste de chargée des doctorants et des jeunes chercheurs, en raison du départ de la première pour le Canada en milieu de mandature.

Quant à la réalisation des objectifs annoncés, Denis Bertrand note tout d’abord, avec satisfaction, la création en juillet 2015, au sein du XXXVIe colloque d’Albi, de la Fédération Romane de Sémiotique, marquant donc l’abandon de la dimension francophone dominante jugée trop limitatrice. Il donne alors la parole à Jacques Fontanille, son président, qui rend compte de la première phase d’existence de cette jeune institution. Il rappelle le principe d’adhésion : non des personnes, mais des centres de recherche qui ont en partage une langue romane parmi leurs langues de travail. Il rappelle aussi les principaux objectifs de la Fédération, le premier étant de se regrouper autour de projets de recherche internationaux, de répondre collectivement à des appels d’offre, et plus largement d’apporter un soutien à la mobilité internationale des jeunes chercheurs (co-tutelles de thèses par exemple). Il indique qu’un nombre très encourageant de groupes de recherche renforce continuellement la fédération. Il rappelle que le vice-président en est Oscar Quezada, président l’université de Lima, le secrétaire Alessandro Zinna, et le trésorier Jean Chrisstus Portela, tous deux présents dans l’assemblée. Il faut ici saluer le dévouement et l’efficacité d’Alessandro Zinna, créateur d’une nouvelle équipe de recherche « Médiations sémiotiques » dont le site (mediationsemiotique.com) accueille la Fédération romane de Sémiotique et les Actes des congrès d’Albi, dans le cadre d’un jumelage avec le Centre International d’Urbino dirigé par Paolo Fabbri.

Deuxième objectif, la recherche d’un logo et la création du nouveau site de l’AFS ont trouvé une rapide et efficace réalisation, grâce à un groupe d’étudiants de l’IUT de Limoges. Cette solution originale, créative et économique a été suggérée par Audrey Moutat et immédiatement acceptée par le bureau. Elle a mobilisé ses étudiants de l’IUT sur le projet, ils ont proposé des maquettes à plusieurs reprises discutées, et l’une d’entre elles a recueilli un assentiment assez général pour que le feu vert soit donné à l’équipe. En remerciement pour leur travail, les étudiants ont été invités à Paris pour fêter le lancement du nouveau site et ils ont pu ensuite faire valoir cette création dans leur cursus universitaire (soutenance collective avec succès). Le groupe chargé de la création du site était en outre formé de Verónica Estay Stange, Maria Giulia Dondero et Ivan Darrault-Harris.

Si le site a dû subir au début des attaques et des pannes, Everardo Reyes – qu’il en soit vivement remercié – a su le protéger efficacement et le stabiliser de manière maintenant très satisfaisante.

Le site, aujourd’hui, a accueilli par exemple les Actes du congrès de Luxembourg (2015) et se prépare à devenir progressivement un véritable site éditorial, dont les publications disposent déjà d’un numéro ISBN, mettant en ligne, sous le contrôle d’un comité scientifique, pré-publications, articles individuels et collectifs, projets de recherche, etc.

Parmi les autres objectifs de la mandature, il faut reconnaître que la création d’un MOOC (massive Open Online Course) n’a pu être réalisée, en raison d’obstacles difficiles à surmonter (avec, notamment, la complexité de l’élaboration d’une maquette de cursus, la nécessité d’un substrat institutionnel solide – une université partenaire inscrivant cette diplomation dans son offre de formation –, la mise en place d’un budget conséquent et la formation d’une équipe technico-pédagogique particulièrement motivée et investie). Le bureau actuel espère que le projet pourra être pris en charge par la nouvelle équipe, facteur qui reste très pertinent à ses yeux pour la promotion internationale de la sémiotique.

Le congrès à l’université de Luxembourg, pleinement réussi, a marqué en juin 2015 la première partie de la mandature et il convient de signifier encore une fois toute notre gratitude à Marion Colas-Blaise et Gian Maria Tore pour le déploiement d’efforts considérables et si productifs.

Depuis la rentrée universitaire 2015, le bureau de l’AFS a été tendu vers un objectif central : l’organisation du congrès en hommage au centenaire de la naissance de Greimas. Encore une fois, il faut manifester notre reconnaissance à Jacques Fontanille pour avoir soutenu avec une grande efficacité la demande et l’obtention du patronage de l’Unesco, sans oublier celle d’obtention du statut d’anniversaire de l’Unesco pour le nom de Greimas. Patronage et statut d’anniversaire obtenus, il était tentant d’installer le congrès dans les locaux de l’Unesco. Ce qui fut décidé.

Ont alors commencé les recherches de financement, dont on peut imaginer que les conditions budgétaires actuelles de nos universités les ont rendues difficiles. Après maintes discussions et réajustements obtenus de la part de l’Unesco qui a ramené le devis de la somme de 24 K€ à 20 K€ on a pu construire un budget global des dépenses s’élevant à 66 K€. En ce qui concerne les locaux (et les services qui leur sont attachés), c’est la Commission nationale française qui signe le contrat avec l’Unesco et règle la facture sur la base d’un devis accepté par les organisateurs, après avoir elle-même reçu le montant correspondant de leur part, qu’elle reverse ensuite à l’Unesco. Dans le budget général, on prévoyait une répartition équilibrée des recettes en trois tiers : un tiers de sources universitaires, un tiers de sources institutionnelles extérieures et un tiers provenant, en auto-financement, des frais d’inscription au congrès et d’adhésion à l’AFS.

Sans entrer ici dans le détail des subventions, il faut saluer la contribution exceptionnelle de la COMUE UPL (Paris 8-Paris 10), de l’université Paris 8 qui apportent ensemble plus de 30K€, soit près de la moitié du budget global. Mais les contributions universitaires extérieures de Paris 1-Panthéon Sorbonne (équipe ACTE) et de Paris V-Paris Descartes (équipe PHILÉPOL), quoique plus modestes, on permis, au delà de l’apport financier, de consolider des liens qui seront à valoriser par la suite. En outre, les apports des institutions et mécènes sont loin d’être négligeables, sous forme financière ou sous une autre forme : la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France, La Fondation d’entreprise La Poste (Ph. Wahl), Jim Thompson Thai Silk Cie (G. Mazzalovo), La Générale de Production (A. Hallier), le Centre Pompidou (J.-M. Colard) et la mairie de Paris (J.-L. Missika, C. Parodi). Enfin, l’inscription effective de 180 congressistes, dont la plupart payants, a permis d’envisager un équilibre du budget, voire un léger bénéfice, dans l’attente, de plus, de subventions versées tardivement (les 4,5K€ de Paris 1 ne seront versés qu’à la fin juin sur le compte du congrès à Paris 8).

Il est trop tôt, bien évidemment, pour établir le compte de résultat financier et faire plus généralement le bilan définitif du congrès, d’autant que cette évaluation dépend essentiellement des congressistes eux-mêmes. Mais les nombreux retours perçus et transmis indiquent une grande satisfaction générale, les participant ayant eu le sentiment de vivre un événement important dans l’histoire de notre discipline. Ces évaluations positives permettent d’oublier les tracas nombreux et « en abyme » générés par l’organisation d’un tel événement.

On ajoutera deux points à cette partie du rapport moral, centrée sur le congrès

  • d’une part la publication, dont un exemplaire a été remis à chaque congressiste, du volume de textes inédits de Greimas Du sens en exil. Chroniques lithuaniennes, aux éditions Lambert-Lucas de Limoges, 330 pages. Nos vifs remerciements vont à Saulius Zukas et Kestutis Nastopka, qui ont sélectionné les chroniques, à Teresa Keane-Greimas, l’ayant-droit, qui a accordé immédiatement son autorisation de publication, et, enfin à l’éditeur Marc Arabyan, qui a contribué très efficacement au dossier de demandes de subventions, aux différents contrats et qui a réalisé la publication de l’ouvrage dans des délais extrêmement courts (remise du manuscrit à la mi-mars, parution le 15 mai). Sans oublier, last but not least, la traductrice, Lina Perkauskyté, pour l’excellence de son travail et le maintien d’une collaboration amicale et très efficace avec Denis Bertrand et Ivan Darrault-Harris chargés de la révision du texte.
  • l’initiative d’Amir Biglari de proposer l’instauration d’un prix Greimas. Voici sa définition :

1) Le Prix Greimas, attribué tous les quatre ans par l’AFS, vise à récompenser le meilleur ouvrage de sémiotique en langue française ou l’ensemble de l’œuvre d’un sémioticien. Seront éligibles tous les ouvrages parus durant les quatre années qui précèdent l’année de l’attribution du Prix[1].

2) La première attribution se ferait à l’occasion du Congrès de 2021. L’idée de la création de ce Prix sera annoncée lors du congrès hautement symbolique de 2017 qui célèbre le centenaire d’A. J. Greimas.

3) L’élection du gagnant s’organise sur trois tours de scrutin :

– Dans un premier temps, chaque membre du jury choisit librement deux ouvrages parmi les ouvrages éligibles (les 10 ouvrages les plus proposés accèdent au deuxième tour).

– Dans un second temps, chaque membre fait un choix parmi ces 10 ouvrages. Les 3 ouvrages ayant recueilli le plus de suffrages accèdent à la finale.

– Dans un dernier temps, les membres du jury font leur choix parmi ces 3 ouvrages. L’ouvrage qui aura le plus de votes sera le gagnant du Prix Greimas[2].

4) La composition du jury.

– Deux solutions sont envisageables, pour que le résultat soit à la fois crédible et impartial : A) Un comité restreint et tournant (une dizaine de personnes ?) composé de chercheurs éminents habitant majoritairement dans les pays francophones, et qui n’ont pas publié d’ouvrage durant les quatre dernières années précédant l’attribution du Prix. B) Un comité plus élargi (une quarantaine de personnes ?) composé de chercheurs éminents de nombreux pays (donc un jury très international), y compris ceux qui ont publié durant ces quatre dernières années (selon cette deuxième solution, un chercheur peut être à la fois membre du jury et parmi les candidats, mais ce qui garantit l’objectivité finale du résultat, c’est le grand nombre de votants, qui amoindrit la valeur de chaque vote individuel).

– Il faudrait (notamment pour la deuxième solution) mettre en place un processus pour que tous les votes soient électroniques et entièrement anonymes.

– Les membres peuvent choisir un président / délégué / coordinateur.

– Il est important que les membres du jury soient sélectionnés parmi les chercheurs qui sont au courant des publications récentes.

– En dehors du premier jury, désigné par nous (le référent du « nous » restant à préciser…), il faudrait également penser aux futurs jurys (selon que la solution adoptée soit la première ou la seconde, cela change beaucoup). Ex. Un membre ne sera plus dans le jury en cas de démission, de décès ou d’absence de réaction à trois occasions consécutives. Dans ce cas, comment choisir un membre remplaçant ? Peut-être sur la présentation de l’un des membres et le vote d’au moins une moitié + 1 des membres présents.

5) Il faudrait, pour finir, déterminer une somme associée à ce Prix symbolique…

Le rapport moral, mis au vote, recueille l’unanimité des votants.

Denis Bertrand demande alors à Verónica Estay Stange, trésorière, de présenter le rapport financier des deux dernières années de la mandature.

  1. Rapport financier

On présente ici le rapport financier de l’AFS, de ses fonds propres, mais non du congrès ; celui-ci sera effectué par la suite, une fois que ses comptes seront clôturés.

Au 1er janvier 2017, le solde de notre Association était de 3 885,01 €.

2.1. Recettes

En 2017, nous avons reçu 156 adhésions, qui ont rapporté un total de 6 930 €. Elles se répartissent de la manière suivante :

– 29 étudiants à 20 € ;

– 112 adhésions à 45 € ;

– 1 adhésion à 50 € ;

– 7 membres bienfaiteurs à 60 € : Denis Bertrand, Jean-François Bordron, Emmanuel Crivat-Ionesco, Patrizia Magli, Isabella Pezzini, Bernard Pottier et Heidi Toëlle.

– 7 adhésions pour 3 ans à 120 €.

Ces 156 nouvelles adhésions s’ajoutent aux 3 adhésions pour 3 ans faites en 2015, ce qui porte le total des adhésions à 159.

Les adhérents proviennent de 24 nationalités différentes.

2.2. Dépenses

En ce qui concerne les dépenses, leur montant est de 7 071,12 € et elles se distribuent de la manière suivante :

  • Frais bancaires : 107, 91 €. Montant correspondant aux cotisations mensuelles (environ 11 euros par mois) et à un nombre important de virements internationaux reçus qui sont facturés à l’Association.
  • Remboursements Marine Maréchal (voyages Liège-Paris AR) : 1200 €.
  • Subvention pour le congrès AFS 2017 : 5 000 €.
  • Publication dans Le Mondependant 2 jours du faire-part de décès de M. Arrivé : 503,65 €.
  • Logiciel de montage pour la réalisation du film Mehr Licht, pris sur les fonds propres car il pourra être réutilisé pour la réalisation d’autres films : 77, 93 €.
  • Achat d’un disque dur externe : 129 €.
  • Renouvellement OVH (site web) : 52, 63 €.

2.3. Fonds propres restants au 1er juin : 3 743, 89 €

Le solde du compte de l’AFS est donc, au 1er juin 2017, positif. Il est de 3.885,01 € + 6.930 € – 7.071,12 € = 3.743,89 €.

L’assemblée générale vote à l’unanimité des présents le quitus à la trésorière.

  1. Présentation de la candidature et élection de la nouvelle équipe

Le moment est venu pour Pierluigi Basso Fossali de présenter à l’assemblée générale, avec Anne Beyaert-Geslin, le programme et la composition de l’équipe qu’ils soumettent aux suffrages des adhérents. Voici quelques extraits de leur exposé :

« Il s’agit bien d’un projet collectif qui a pour objectif de réunir le plus possible les centres de recherche sémiotique en France, de capitaliser davantage la présence et l’influence de la sémiotique française à l’international et d’impliquer ultérieurement les communautés scientifiques francophones à l’étranger dans le tissu des activités de l’Association. (…)

Cette candidature relève d’une prise de responsabilités collectives qui vise à intégrer différentes formes de vitalité de la sémiotique actuelle. Son projet est double. Il s’agit, d’une part de thésauriser et valoriser le projet scientifique de la tradition greimassienne et, d’autre part, de diversifier les pistes de recherche et de dialogue interdisciplinaire. Il est perçu en effet à la fois le risque d’une parcellisation du soutien au projet sémiotique et celui d’une dilution de son héritage dans d’autres traditions disciplinaires. L’idée est donc de construire, à travers l’AFS, un réseau d’échanges entre les différentes sections du CNU et surtout entre les différents ancrages institutionnels afin d’identifier (i) un périmètre d’action commun permettant de situer et d’expliciter les fronts actuels de la recherche, (ii) les enjeux sociétaux de nos recherches disciplinaires et (iii) les paramètres adéquats pour une validation qualitative des productions scientifiques susceptible de valoriser tout particulièrement les contributions des jeunes générations.

Cette candidature ne s’inscrit pas dans un projet de discontinuité par rapport à la direction scientifique précédente, mais elle veut signaler que les nouvelles générations ont été directement formées sur la base d’une pluralité de voix théoriques qui ont su de diverses façons fertiliser ultérieurement le terrain défriché par les pères fondateurs de la sémiotique (de Saussure à Greimas). Cette polyphonie a garanti des contributions fondamentales à la vitalité de notre communauté scientifique et à la vivacité du débat interdisciplinaire. La riche différenciation des parcours demande aujourd’hui des croisements inédits entre les perspectives théoriques élaborées, avec l’objectif d’une fédération des recherches utile à la préservation et à la relance du projet sémiotique. Cela dit, nous n’ignorons pas les éléments de fragilité de notre discipline qui, dans le champ des sciences humaines, a perdu la centralité et l’autorité théorique que lui accordait le « linguistic turn ». Dans ce contexte, la sémiotique a besoin de préciser son enracinement dans le domaine des sciences de l’information et de la communication, de réactiver un dialogue plus étroit avec les autres sciences du langage, de définir davantage ses relations avec l’esthétique, la philosophie et le design.

La composition du bureau soumise à l’attention du Bureau, du Conseil d’administration et des adhérents de l’AFS n’a certes pas la prétention d’offrir une cartographie exhaustive des différentes « âmes sémiotiques » en France, mais voudrait commencer par reconnaître des dynamiques scientifiques entre plusieurs sites et différentes manières d’interpréter le projet sémiotique. L’entente recherchée n’est pas œcuménique, mais fondée sur la reconnaissance commune et déterminée par la nécessité de préserver l’autonomie et le caractère distinctif du projet sémiotique.

De manière subordonnée à la validation de ce projet collectif, il faut préciser nos formes d’implication et donc de candidature, à savoir Pierluigi Basso à la fonction de président et Anne Beyaert à la fonction de vice-présidente avec délégation concernant les relations institutionnelles et internationales. Cette distribution préalable des rôles a la fonction d’expliciter le partage et l’équilibre des charges dans le cadre d’une co-coordination du travail.

Sur le plan de la composition du bureau, si l’on a bien lu les statuts de l’Association, il y a déjà eu une interprétation extensive qui a permis d’augmenter le nombre de vice-présidences (au départ 2, aujourd’hui 6). À partir de cette élasticité interprétative qui semble avoir déjà favorisé une participation plus large de la communauté aux prises de décisions, on voudrait étendre ultérieurement, mais modérément le bureau, en proposant d’instituer des membres titulaires sans une multiplication des vice-présidences, cette dernière solution ne devant pas apparaître comme un exercice stérile et seulement honorifique. En revanche, à partir de l’implication effective de chaque membre, on pourra attribuer ensuite des délégations et donc des responsabilités spécifiques. On espère que cette perspective est partageable, tout en restant disponibles pour la discuter face à une convergence d’avis contraires.

Cela dit, la substance de notre proposition concerne le caractère collégial de la direction et l’exigence d’intégrer des représentants de différents centres de recherche. Voici la composition du bureau que nous proposons pour la prochaine mandature, après avoir contacté les collègues afin de constater à l’avance leur disponibilité à participer à ce projet  commun :

Présidence :         Pierluigi Basso Fossali : Président

Anne Beyaert-Geslin :             Vice-Présidente avec délégation pour les relations institutionnelles et internationales

 

Secrétariat :         Veronica Estay Stange :          Secrétaire générale

Juan Alonso Aldama :            Secrétaire adjoint

 

Trésorerie :          Audrey Moutat :           Trésorière

Lia Kurts-Wöste           Vice-Trésorière

 

Membres titulaires du bureau :                 Odile Le Guern

Maria Giulia Dondero

Nicolas Couégnas

Valérie Brunetière

Driss Ablali

On proposera aussi l’accueil dans le Conseil d’administration de l’AFS de plusieurs collègues : entre autres, Peter Stockinger, Ivan Darrault-Harris, Jacques Fontanille, Denis Bertrand, Jean-François Bordron, etc.

Représentant(s) jeunes chercheurs : Valeria De Luca avec deux suppléants : Julien Thiburce et Raphaël Horrein.

La proposition d’un programme d’actions pour le futur est pour l’instant très synthétique mais précis :

(i) Développer le site de l’AFS afin de pouvoir donner une visibilité aux activités sémiotiques en France et des contributions en français au débat sémiotique international. Cela implique non seulement la diffusion d’informations sur les colloques, les journées d’étude et les projets de recherche financés, mais l’accueil de prépublications concernant des résultats partiels des initiatives scientifiques. Le site n’a pas l’ambition de devenir une revue à part entière, mais de s’imposer progressivement comme un instrument agile, réceptif mais aussi évaluatif, de la communication scientifique dans le domaine de la sémiotique.

Afin de respecter le plus possible le pluralisme des idées et l’honnêteté des efforts individuels à contribuer au projet sémiotique, le seul paramètre pour filtrer les prépublications doit être leur qualité scientifique. Il faudra trouver un responsable informatique du site, éventuellement un membre du bureau avec une délégation très précise ; par contre, la direction scientifique sera coordonnée par le président et le premier vice-président.

(ii) Contribuer à la formation et à l’information des jeunes chercheurs afin de consolider leur profil scientifique et professionnel et de mobiliser tous les moyens disponibles pour faciliter leur insertion dans les universités françaises.

(iii) Aider à travers des formes de coopération (a minima, la labellisation) l’organisation des manifestations scientifiques et la coordination de projets de recherche. L’AFS doit néanmoins laisser toute liberté aux initiatives, ce qui engage le bureau à attendre, avant toute proposition de collaboration, une sollicitation des organisateurs. Cela dit, l’AFS pourra promouvoir des initiatives autonomes et chercher des coopérations institutionnelles pour organiser des événements scientifiques.

(iv) Contribuer à une visibilité majeure des contributions scientifiques (articles et livres) qui ont un potentiel de dynamisation du débat en sémiotique, à travers des formes multiples de recension (comptes rendus, brève note critique, commentaires, propositions bibliographiques sur un argument, etc.) ; présentation de bibliographies raisonnées sur des branches de la sémiotique.

(v) Accompagner avec prudence l’impulsion du ministère à la mise en place d’un MOOC en sémiotique (Massive Open Online Courses) tout en soulignant les limites de la formation à distance ; pour cette raison, il faudrait commencer par faire une recension scrupuleuse de la présence de la sémiotique dans les enseignements assurés dans les universités françaises et engager une réflexion commune sur les bases fondamentales de notre discipline et la nécessité d’intégrer les développements récents. Ceci impose d’être attentif au dialogue entre la pédagogie et la recherche, dialogue largement étouffé par les évolutions récentes de la politique universitaire.

 

(vi) Développer ultérieurement les relations avec les centres sémiotiques francophones à l’étranger. Après la constitution de la Fédération Romane de Sémiotique, la création d’une Fédération Francophone de Sémiotique ne semble plus être une priorité. Nous estimons néanmoins qu’il faut intégrer et coordonner davantage les activités scientifiques avec des collègues étrangers qui conduisent leur recherche en français. Bref, nous imaginons de mettre en valeur des actions, des directions et des finalités distinctes. D’une part, les relations internationales de l’association qui ont la tâche principale de représenter l’AFS à l’étranger, de promouvoir les travaux scientifiques produits dans nos centres universitaires, de trouver de formes de coopération avec des institutions et des projets internationaux ; d’autre part, le recensement et la diffusion de l’information de toutes les activités de la communauté sémiotique francophone à l’étranger et la centralisation des propositions et sollicitations adressées à notre communauté scientifique. Bref, l’idée est de distinguer une tension centrifuge (diffusion à l’international) et une tension centripète (convergence vers les centres de recherche français).

 

(vii) S’activer pour l’organisation du prochain congrès de l’AFS. On propose Lyon comme lieu du prochain congrès de l’AFS en 2019, bien que le bureau reste ouvert à d’autres propositions pouvant être faites avant la fin de 2017. La présence d’un LabEX (ASLAN) qui coordonne les projets et la recherche de financement de deux laboratoires (ICAR et DDL) consacrés aux Sciences du langage, peut offrir une première base de financement susceptible d’attirer d’autres partenaires (ENS, Lyon 2, etc.). »

Pierluigi Basso Fossali conclut donc sa présentation par la proposition de Lyon comme lieu du futur congrès de l’AFS prévu en 2019 et évoque, pour ce congrès, le thème possible de l’Accord/Désaccord.

 

Compte tenu de l’existence d’une seule candidature, le secrétaire propose à l’assemblée de recourir à un vote faisant l’économie de bulletins secrets (contre l’avis de quelques personnes, très minoritaires cependant). L’assemblée générale accorde alors à la candidature présentée par Pierluigi Basso Fossali et Anne Beyaert-Geslin un vote positif à l’unanimité des présents.

Denis Bertrand et l’ensemble du bureau expriment leur gratitude envers celles et ceux qui leur ont fait confiance au cours de ces quatre années de leur mandature et adressent leurs vœux de pleine réussite à la nouvelle équipe.

 

Les participants se dirigent ensuite vers le jardin de la Maison du Brésil où les attend un pique-nique préparé avec grand soin par Françoise Ploquin. On assistera ensuite à un très remarquable récital de musique et de chants afro-sambas brésiliens (« 80 Years of Baden Powell »), offerts généreusement par deux musiciens de grand talent (un guitariste et une chanteuse) en tournée en Europe : Clayton Fernandes et Thalita Savordelli. Clayton, par ailleurs titulaire d’un doctorat en sémiotique musicale préparé sous la direction de Luis Tattit, enseigne à l’université de Sao Paulo. La soirée s’achève vers 23h30.

 

Denis Bertrand, président, et Ivan Darrault-Harris, secrétaire

[1] C’est la date de la première édition d’un ouvrage qui compte. Pour les ouvrages traduits, c’est l’année de la première édition de la traduction qui compte.

[2] En cas de vote égal au premier tour et au second tour, les nombres 10 et 3 peuvent être augmentés (ex. si au premier tour, les ouvrages classés 9, 10, 11 et 12 ont le même nombre de votes, il y aura 12 ouvrages au second tour au lieu de 10). En cas de vote égal à la finale, il y aura un nouveau scrutin entre les deux premiers ouvrages. Si jamais les votes sont encore une fois égaux (sans doute très peu probable), c’est l’avis du président du jury qui tranchera.