Appel à articles – Signata 13 / Modes, modalités et modalisations

Numéro 13 de la revue Signata. Annales des sémiotiques / Annals of Semiotics
« Modes, modalités et modalisations »
(journals.openedition.org/signata/2927)

Co-direction : Pierluigi Basso Fossali, Marion Colas-Blaise et Julien Thiburce

 

Presentation

Le mode, la modalité et la modalisation font l’objet de vifs débats tant en linguistique qu’en sémiotique, en philosophie (on songe notamment aux recherches s’inscrivant dans le sillage de l’empirisme radical de Souriau) qu’en sociologie (surtout avec les travaux de Latour ou de Goffman pour la sociologie interactionniste). Si le mode conditionne les conditions d’assertabilité d’une proposition linguistique, la modalité, aux côtés de la temporalité et de l’aspectualité (TAM), détermine les procès (faire) et états (être) des différents acteurs qui composent une scène énonciative, notamment sur le plan du savoir, du vouloir, du croire.
La modalisation implique quant à elle une rhétorique et une négociation de l’agir qui (re)structurent et (re)distribuent les charges modales entre les acteurs d’un récit, entre les participants à une scène pratique. 
Tel est le soubassement théorique général de la réflexion à laquelle vous invitent Pierluigi Basso Fossali, Marion Colas-Blaise et Julien Thiburce qui assurent la codirection du numéro 13 de la revue Signata/Annales des sémiotiques, Signata/Annals of Semiotics (parution 2022). Sur le fond d’un dialogue avec d’autres disciplines, la question du mode, de la modalité et de la modalisation est remise sur le métier, avec la volonté de faire le point après des années de recherches intenses sur le sujet dans le domaine sémiotique et linguistique.

 

Les pistes sont nombreuses. Ainsi, en quoi est-il pertinent, d’une part, de considérer la modalité comme un opérateur syntaxique et d’en étudier la portée sémantique, et, d’autre part, d’évaluer sa contribution à la (dé)stabilisation d’une scène actantielle ? Il sera intéressant de suivre les agencements complexes de type inter-modal, mais aussi de se demander en quoi la modalité peut être arrachée à sa dépendance par rapport au verbe qu’elle sert, à la faveur d’un emploi « absolu ». Remonter aux valences, c’est-à-dire aux valeurs de la valeur et au jeu interprétatif mis en place, est-ce se donner les moyens de rendre compte de la dimension à la fois sensible et critique de la modalité, en tant qu’elle est propre à réévaluer les conditions mêmes de la prédication ? Par ailleurs, les modalités ouvrent non seulement sur la dimension rhétorique des discours, mais encore, plus largement, ils peuvent être conçus en lien avec des environnements et des espaces institutionnels, des représentations et des normes, des pratiques et des praxis, des médias et des supports. Enfin, les modalités peuvent être pensées de concert avec les modes (d’existence ou de présence : réel, actuel, virtuel, potentiel).
 
Ce numéro de revue vise à étendre le champ des analyses, souvent verbocentrées, à d’autres formes de manifestation sémiosique, surtout de type visuel. Par exemple, à côté de la réflexion comparatiste entre textes en langues différentes, il s’agira de s’interroger sur le lien entre modalisation et spatialisation des images. 
 
Ces pistes sont développées dans l’argumentaire étendu : 
Les contributions pourront s’intégrer dans un ou plusieurs des axes suivants, ou avoir une nature transversale : 
  1. La modalité et la scénarisation actantielle : le rôle de la modalité dans la gestion des relations entre des acteurs d’un récit et la négociation des rôles en interaction.
  2. Du point de vue de l’énonciation, l’articulation des modalités linguistiques avec les modalités sensorielles (différences entre les sens).
  3. La modalité et les mondes possibles : au sujet de la dynamique diastémique des rapprochements et des espacements. 
  4. De la typologie au « vécu modal » : modalité, modulation, scansion et partition.
  5. Des modalités énonciatives aux modes d’existence socio-anthropologiques (Souriau, Latour…).
 

Informations pratiques

 
• Les propositions d’articles (1 page) seront attendues pour le 10 septembre 2020
• Les articles rédigés seront attendus pour la dernière semaine d’avril 2021.
• Retour aux auteurs-rices : juin 2021.
• Retour des articles définitifs : dernière semaine de septembre 2021.
• Dossier publié dans le n° 13 de Signata, parution : février 2022.

Les propositions d’articles sont à adresser à : pierluigi.basso@univ-lyon2.fr ; marion.colas@uni.lu ; julien.thiburce@ens-lyon.fr 

Consignes aux auteurs-rices : https://journals.openedition.org/signata/1163